« Etre un homme » 75 auteurs réunis par Colum McCann

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Ma dédicace…

Une fois, n’est pas coutume, je voudrais parler d’un livre que je n’ai pas lu (ou plutôt pas entièrement, pour l’instant ).

Parce que je ne suis pas chargé d’une quelconque critique et parce que ce livre est un cadeau, à bien des titres.

« Être un homme » 75 auteurs réunis par Colum McCann…75 courts chapitres pour 75 façons de 75 personnes différentes.

Beau cadeau, comme vous pouvez le voir à la dédicace que m’en offrit Colum McCann, dédicace qui en dit autant sur l’auteur (ou plutôt le Président de Narrrative 4) que sur la belle personne qui sollicita la dédicace…

Les petites et les grandes attentions d’êtres chers, vous enrichissent, vous sont miel.

Et pourquoi donc, cette impudeur ?

Parce que j’aimerais tant que vous lisiez ce livre, que vous aussi, soyez émus par ces textes (je n’en ai picoré qu’une vingtaine au moment où j’écris ces lignes, dans une sorte d’urgence) et au-delà par cette démarche.

C’est quoi être un homme?

Quelques passages extraits de la préface, signée Colum McCann qui vous en diront plus et bien mieux que mon discours un peu abscons.

« Le monde regorge d’histoires tues. Il en est tant qui ne sont pas écoutées, ou partagées. Et donc nos souffrances prolongées s’expliquent par notre inaptitude à nous faire entendre.

Narrative 4 se donne pour mission – cet ouvrage en est l’émanation – de renverser les barrières, de briser les stéréotypes, par le simple fait d’échanger des histoires.

(…)

Nous avons pensé notamment qu’un des plus grands fiascos de notre temps – même dans cette ère de globalisation – à trait à l’absence d’empathie. Notre incapacité à comprendre l’autre est au cœur de notre faillite collective.

(…)

Écrivains et militants, nous avons décidé de joindre nos efforts pour faciliter une meilleure compréhension de l’altérité. (…) « Mettez-vous dans ma peau, je me mettrai dans la vôtre. »

(…)

Se porter responsable de l’existence d’un autre – ne serait-ce qu’un instant – est un acte qui peut affecter toute une vie, se fondre dans un récit universel, s’unir à une somme de narrations et ouvrir les poumons du monde.

(…) Narrative 4 repose pour beaucoup sur la foi et sur l’optimisme. On aurait parfois tendance, actuellement, à considérer l’optimisme comme une attitude complaisante – molle, flasque, timorée. Narrative 4 démontre le contraire. Nous fouillons l’obscurité pour en extraire la lumière accessible.

(…)

Où naît alors notre aptitude à repousser la souffrance? Dans la parole, le partage, l’échange. »

75 récits très courts, tendres, parfois fracassants, un humour déjanté aussi parfois (je n’ai pas résisté à la tentation de lire en guise de sixième passage l’aventure « hétéroclite » de Salman Rushdie) émouvants.

Oui, je suis sûr que raconter une histoire peut changer le monde…

Ce projet militant ne s’arrête pas à la vente du livre et sert à financer des actions auprès des jeunes, dans des écoles, des quartiers, pour qu’à leur tour ils fassent pareil. Une jolie utopie, atteindre le million d’histoires dans une centaine de pays en quelques années.

Pourquoi ne pas imaginer un tel projet en langue française avec des auteurs francophones, ici, maintenant ?

Et puis c’est drôle de lire ce recueil à peine refermés les « carnets de l’incarnation » de Nancy Huston – Carnets qui portent pour titres, entre autres, « Naître fille devenir femme » – « Naître garçon devenir homme » …

Précipitez-vous : « Être un homme » 75 auteurs réunis par Colum McCann, chez Belfond

Merci pour le cadeau.

Respect.

Aujourd’hui, tous nos représentants sont tous des professionnels, on pourrait même dire, tous ceux qui sollicitent nos voix ou encadrent les partis politiques, sont des professionnels de la politique, appointés comme tels d’une manière ou d’une autre.
Il existe, ou dois-je dire, il a existé des hommes qui ont fait de la politique, lors même que leur revenus n’en dépendaient pas…
Ils sont peu nombreux, et surtout, plus on monte le niveau de responsabilité, plus ils perdent peu à peu, leur indépendance, le contact avec la vie quotidienne, tout simplement.
Plus les ors sont gratifiants, plus on en dépend pour assurer son confort.
Plus les honneurs sont imposants plus il est difficile à l’homme de rester sincère, fidèle, désintéressé.
Il y a peu d’hommes politiques que je respecte, aucun dont je partage complètement les idées.
Pierre Joxe est de ceux dont j’admire la sincérité, le courage et l’abnégation.
Je ne partage évidemment pas ses positions politiques, ni celles qu’il défendait lorsqu’il était Ministre de l’intérieur (il ne manquerait plus que çà !) ni lorsqu’il fut ministre de la défense, ni même lorsqu’il fut simple responsable de parti politique….
Il est devenu avocat, un jeune avocat d’ailleurs puisqu’il a prêté serment en 2010, à l’âge de 75 ans.
Il s’occupe principalement de ce qu’il est convenu d’appeler la « justice sociale » parent pauvre de la Justice (conseils des prud’hommes, tribunaux des affaires de sécurité sociale, commissions départementales d’aide sociale, tribunaux du contentieux de l’incapacité, et la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées).
Il s’est d’ailleurs spécialisé dans la défense des mineurs.
Il partage son expérience en la matière dans un livre-brûlot, intitulé « Soif de justice »
Cela force le respect.
Michel Rocard était de cette trempe.

L’important c’est le primaire…

Les « zhommes politiques », comme disait Coluche, en vrais bons professionnels, sachant préparer leurs publics, se lancent les uns après les autres, avec de beaux effets de manche, avec des formules qu’ils ont savamment préparées, étudiées, avec leurs conseillers en communication.

Plaçant l’enjeu là où ils se sentent plus forts.

Les médias jouent le jeu, relaient déjà, car c’est de la bonne information, coco, clivante ou consensuelle, mais dont on sait qu’elle est apte à meubler pendant quelques mois toutes les antennes, tous les éditoriaux, tous les articles, plus ou moins intelligents (d’ailleurs, moins çà l’est, plus le public raffole).

C’est comme une grand messe, on connait les vedettes, les codes, les histoires, mais çà sent bon la tradition.

Et la tradition, c’est bien, çà évite de réfléchir, c’est tout tracé.

Donc, on va voter pour un Président, on votera d’abord, car une telle sucrerie, il serait dommage de ne la sucer qu’une fois, on votera donc avant, pour des primaires.

Ils en salivent d’avance.

Une mascarade, un simulacre de démocratie, la parodie, le pastiche de la démocratie.

  • Tu as vu, il se représente…
  • A son âge…
  • Avec son passé…
  • Avec son bilan…
  • Il n’a aucune chance…
  • Le danger c’est qu’on ne sait pas qui va voter pour qui aux primaires…
  • Avec tout ce qui se passe, tu comprends, il nous faut quelqu’un qui soit ferme là-dessus…
  • Lui, il va mettre de l’ordre…
  • Il a de belles valeurs…
  • Il est quand même plus…
  • Lui il pourra la battre au deuxième tour…

etc…

On peut multiplier à l’infini les conneries entendues çà et là, elles sont formatées, elles sont interchangeables, elles sont passe-partout, elles sont déjà digérées par des années de bile, par des générations de votant…

Je lisais ce matin « L’Anarchie, journal de l’ordre » d’Anselme Bellegarrigue écrit en 1850, je suis sidéré de sa justesse, on croirait, à quelques anachronismes près, qu’il vient d’être écrit.

J’ai dit écrit, pas lu, car il semblerait bien que personne ne lit ce genre de propos.

Allez tiens, en entendant la dernière facétie du petit Nicolas, mais le nom aussi est interchangeable, (c’est celui dont on parlait à la radio ce matin, vaguement entendu d’ailleurs, car dans la pièce à côté, Marie-Claire aime écouter la radio le matin) je tombais sur cette phrase:

« Il n’y a pas de pouvoir qui ne soit l’ennemi du peuple, car quelles que soient les conditions dans lesquelles il se trouve placé, quel que soit l’homme qui en est investi, de quelque nom qu’on l’appelle, le pouvoir est toujours le pouvoir, c’est à dire le signe irréfragable de l’abdication de la souveraineté du peuple, la consécration d’une maîtrise suprême. »

Tout est dit, je ne vais pas lire leurs journaux, je ne vais pas écouter leurs radios, je ne vais pas regarder leur télés, je ne m’intéresserai pas à leurs faux débats, à leurs fausses déclarations, et je n’irai pas voter.

Et, pendant ce temps, des êtres humains sont niés, des êtres humains sont tués au nom d’une certaine façon de voir le monde, de valeurs qui n’intéressent que ceux qui tuent en leur nom.

TRIBUNAL ADMINISTRATIF DECISION AND REASONS

Calais Migrant Solidarity

ENGLISH
The Prefecture’s request to demolish the shops and restaurants was rejected on ALL COUNTS by the Tribunal Administratif in Lille. Reasons below:
-places of commerce have existed since April 2015
-lack of authorization and sanitation worries are the same for all « lieux de vie » ie shelters, school and places of worship, for the judge there is no differentiation
-the places of business serve other important functions: places to meet, to charge phones, to accommodate new arrivals
-destroying them would aggravate tensions and endanger the well-being of residents and degrade their living conditions
The judge took on board arguments regarding long waiting lines for government run services and rising tensions due to them
The request to demolish was rejected on all counts.
We won.
We don’t know what and for how long, but we have the right to breathe and live again.

FRENCH
On a vraiment été entendu par le…

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Conformisme ou homme libre ?

Je ne suis pas fan des « pseudos » études universitaires états-uniennes mais je dois dire que cette fois, sans aucune valeur scientifique, celle-ci démontre ce que nous sentons tous, c’est à dire la normalité comme réflexe pavlovien.
L’uniformité des êtres humains, ce qui fait que, bien conditionnés par les médias et les politiques, nous finissons tous par réagir de même, sans nous poser les vraies questions :
Pourquoi est-ce que je pense ainsi?
ou
Cette réaction est-elle la mienne ou celle que l’on me pousse à avoir?
 
En ce moment, il convient de nous poser ces questions, de notre réponse dépend notre avenir, dépend l’abandon de nos libertés sacrifiées sur l’autel de la sécurité (comme si la vie humaine n’était pas une mise en danger) notre résignation à penser guerre et à identifier l’ennemi, à tout simplement nous laisser dominer par un système que, normalement, nous devrions rejeter.
Ne pas se conformer, mais penser.
 
Probante ou non, cette démonstration invite à plus de sens critique, à toujours garder son propre libre-arbitre, ne pas se couler dans un moule, être soi, envers et contre tout et tous.
En fin de compte, je l’aime bien cette « démonstration » !