Ils reviennent et toujours la même réponse !

J’ai publié il y a peu la lettre ouverte de Jean-Claude Lenoir sur ma page facebook,

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FDominik.Multeau%2Fposts%2F10154894548047378&width=500

Depuis, vous êtes nombreux à partager cette publication, amis connus ou inconnus. Certains me demandent plus d’informations.

Je ne peux que vous proposer de contacter l’association SALAM dont Jean-Claude Lenoir est le Président.

salamnordpasdecalais@gmail.com

Cette association œuvre depuis près de 15 ans sur Calais et la côte d’Opale, auprès des réfugiés que la guerre a poussé sur nos rivages.

Le texte que je partageais, est une lettre ouverte de Jean-Claude Lenoir, dont vous pouvez lire l’original ici:

http://www.associationsalam.org/Un-nouveau-courrier-de-notre-president

Les actes dont il est question, y sont décrit au conditionnel, puisque rapportés par des réfugiés et non constatés par SALAM.

Néanmoins, plusieurs d’entre nous avaient écouté les témoignages de réfugiés il y a quelques mois, qui faisaient état de brimades dégradantes de la part des forces de l’ordre.

Néanmoins, Monsieur Lenoir est un homme impliqué et responsable, je ne pense pas qu’il aurait publié cette lettre si ces affirmations avaient été faites par un seul farfelu dont la parole pouvait être mise en doute, je pense que les témoignages concordent.

Le camps de réfugiés de Calais a été vidé de ses occupants à grand renfort de communication, de médiatisation, de déclarations il y a quelques semaines. La main sur le cœur on se préoccupait du problème, sans même évoquer le fait que si les solutions avaient été si simples, on était en droit de se demander pourquoi elles n’avaient pas été prises plus tôt !

Depuis, on ne parle plus de Calais, il n’y a plus de problème, sauf que…

Sauf que les problèmes se font jour ailleurs (regardons ce qui se passe à Paris, où les forces de l’ordre expulsent (si j’ose dire, puisqu’ils sont dehors), poursuivent les réfugiés que personne ne veut voir, à qui personne ne vient en aide.

Recherchez sur le net, vous trouverez des vidéos, des forces de l’ordre qui leur confisquent tentes et couvertures, maigres protections contre le froid et les intempéries en janvier.

Par exemple.

Sauf que les réfugiés commencent à revenir à Calais. Évidemment, il faudrait être stupide pour penser que supprimer les effets sans toucher aux causes résout le problème!

A l’évidence, il ne sert qu’à se faire de la com’ sur le dos de la misère du monde.

Tout calaisien à moins d’être aveugle, sourd et de ne pas sortir de chez lui, constate chaque jour ces contrôles au faciès, ces brimades. Nous voyons tous des réfugiés revenir à Calais, qui reste, on n’y changera rien, le passage le plus important vers la Grande-Bretagne.

Nos amis migrants sont de plus en plus nombreux à Calais, de retour ou nouveaux arrivants :
Voici une photo prise hier matin par JClaude Lenoir, rue Mollien : un groupe de 25 migrants dont 7 ou 8 TRES jeunes enfants…

Déjà le 22 décembre Monsieur Lenoir écrivait une lettre ouverte sans équivoque publiée sur le site de SALAM sous le titre « encore un courrier de notre président », dont je reproduis le texte :

Bonjour à tous ,

quelques infos de Calais ….mais qu’en pense le Père Noël ?

Les temps auraient pu changer, les habitudes sont tenaces et traversent désespérément les décennies

ce jeudi
une douzaine de migrants ( dont enfants et béquilles … ) aux abords du périphérique portuaire, tiens donc ! qui a bien pu les descendre à cet endroit sans être inquiété ?
une quinzaine de migrants ( Africains noirs ) en ville se plaignant d’avoir été fouillés et d’avoir vu des forces de l’ordre détruire leurs cigarettes sans les inquiéter davantage une dizaine de migrants tentant de prendre le train à Calais ville deux mineurs errant près de la Lande et d’autres migrants dispersés dans la ville ou aux alentours

un chiffre implacablement en hausse, une ville sous contrôle policier et toujours aucune information sur un éventuel centre d’accueil d’urgence !

qu’en pense le Père Noël ?

Pour nous il y a une évidente nécessité d’alerter directement par courrier Monsieur le Premier Ministre ainsi que Monsieur le ministre de l’Intérieur et Madame la ministre du Logement.

Un courrier sera donc rédigé et envoyé personnellement à ces trois ministres.

cordialement
jclenoir
salam npc

Personne n’a pris le temps de répondre…Que voulez-vous les fêtes !

Comment dire qu’on ne savais pas, comment regarder sereinement l’avenir, comment se passionner pour la prochaine élection de Miss France quand ici, c’est l’humanité, ce sont nos valeurs républicaines de fraternité, que nous foulons au pied ?

Oui, je suis en colère, oui, j’ai honte.

Honte de mon pays, honte de cette humanité qui n’a plus aucune empathie et qui en crèvera.

Représentations…

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Je me dois tout d’abord de préciser que je suis tout à fait contre les élections, qui à mon sens, ne servent qu’à mieux choisir celui (ou celle, mais c’est plus rare) qui aura le droit de nous trahir, d’agir pour « notre bien », fut-ce contre ce à quoi nous aspirons ….

Ceci posé, au sortir d’une expérience théâtrale vécue ce week-end*, je me suis, de nouveau, interrogé sur ce que sous-entendent les mots « élection », « représentativité », « éligibilité », « capacité », « compétences »…

Ce matin, après une rencontre enrichissante (comment en serait-il autrement !) avec Mathias Enard, à la librairie du Channel, je lis, par hasard rentrant chez moi, un article intitulé « la liste des sept candidats retenus pour la primaire de la gauche ».

Hier je prônais (à mon corps défendant, si j’ose dire !) la nécessaire sélection des électeurs et plus loin encore, l’indispensable sélection des éligibles.

Tout le monde n’est pas apte à comprendre, « apte à gouverner », en quelque sorte, et, même provisoirement, la moins mauvaise des méthodes consiste à restreindre le cercle de ceux qui peuvent voter et être élus, aux personnes éclairées, cultivées et responsables….

Personnes éclairées, cultivées et responsables, ce qui excluait, les pauvres et les femmes par définition (si j’ose dire).

C’était hier, c’étaient les idées défendues par les plus conservateurs des élus du tiers-état.

Temps dépassé, époque révolue, peut-on penser.

En effet, le suffrage est devenu universel depuis longtemps, enfin masculin depuis longtemps et il est généralement admis, en France qu’il est universel (femmes comprises, donc) depuis 1945.

Il y aurait beaucoup à dire là-dessus aussi (j’ai souvenir d’hommes politiques qui se rendaient compte que de vivre dans cette société pouvait donner des raisons suffisantes pour être compétent, être électeur…Mais çà c’était avant « l’identité nationale »)

Enfin, passons.

Mais….

Parce qu’il y a un mais !

Mais, cela ne peut être l’anarchie (au sens commun du terme) alors, il faut bien inventer une règle, de nos jours, et partout dans le monde, dans le monde dit libéral en tout cas, il est admis que l’on ne peut se présenter que si l’on représente un certain nombre de personnes elles-mêmes élues !

En France il faut la signature de ces élus, ne serait-ce que pour postuler à une primaire, maintenant.

C’était déjà compliqué, çà devient impossible d’être singulier.

Alors, finie la chasse aux hommes gardant une certaine indépendance, aux maires de petites villes, qui pouvaient vous donner leur signature, vous autorisant à postuler.On a trouvé un bon moyen de les marginaliser, de les culpabiliser un peu plus.

De sélectionner pour la deuxième semaine… on a inventé la primaire !

Quelle soit de droite ou de gauche, pour s’y présenter, il faut représenter.

Pour se présenter à une primaire, ce qui à mon sens, ou du moins au sens commun, voulait dire une sélection parmi tous les candidats possibles, un écrémage en quelque sorte, il faut désormais, là aussi un certain nombre de signatures d’élus !

On tue la démocratie à coup de règles, de représentation, de responsabilité.

Et vous voudriez que ceux qui demandent nos suffrages soient représentatifs de la population?

Et vous voudriez qu’on vote?

 

* J’étais « force vive » sur « Cà ira (1) Fin de Louis » pièce présentée par la compagnie Louis Brouillard et Joël Pommerat…

Pétainiste, vous avez dit pétainiste ?

Déposé courageusement dans ma boîte à lettre, cette boule puante, ce brûlot de haine.
Et qu’importe le groupe ainsi stigmatisé, néanmoins c’est symptomatique de notre temps où la parole est, diront certains, « libérée », je dirais quant à moi qu’à force de placer le débat sur les exclusions, au niveau du caniveau, on finit par revenir à une époque qu’on pensait révolue.

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Il ne faut pas toujours chercher  à atteindre la point Godwin, mais la tentation est forte, du moins le rapprochement avec Pétain s’impose. Nous savons ce que cette période a engendré d’horreurs, prenons garde.

Prenons garde, en effet, que la situation que décrit la citation du pasteur Martin Niemöller sur la lâcheté des intellectuels allemands au moment de l’accession des nazis au pouvoir et des purges qui ont alors visé leurs ennemis, un groupe après l’autre, ne se répète.
Prenons garde, stigmatiser un groupe d’individu en raison de sa religion (en ce moment les musulmans) de ses croyances, de ses pratiques ou de son appartenance à telle ou telle organisation (ici, la franc-maçonnerie) syndicale ou de pensée, à tel ou tel parti politique ne produise encore et toujours les mêmes effets.

Voici la citation dont il n’existe pas de trace écrite à proprement parler, telle qu’elle figure au Musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis

« Quand ils sont venus chercher les socialistes, je n’ai rien dit,
Parce que je n’étais pas socialiste
Alors ils sont venus chercher les syndicalistes, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas syndicaliste
Puis ils sont venus chercher les Juifs, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas juif
Enfin ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour me défendre. »

 

J’avais publié cet article sur facebook pour des raisons que je donnerai ensuite, voici l’échange qui suivit…

Une interlocutrice : Je trouve très stupide de diffuser cela sur internet, ça ne fait qu’aggraver les choses

Ah, tiens…Et pourquoi donc?
Parce que vous n’êtes pas franc-maçon et comme dit Niemöller, vous préférez vous taire parce que vous n’êtes pas concernée.
Parce que vous êtes franc-maçon et préférez garder le secret sur cette appartenance ? Tentant d’échapper ainsi à la vindicte haineuse de ces assassins ?Cette attitude a pourtant démontré qu’elle était vaine et n’avait pas protégé les persécutés en d’autres temps.

Alors, vous estimez qu’on peut en parler quand?
Lors de la première ratonnade, ou lorsque des paroles racistes sont prononcées?
Lors des premières violences faites aux d’homosexuels ou lorsqu’on les stigmatise, lorsqu’on les traite de déviants ?
Lors du premier tabassage de Rom ou lorsqu’on les prétend inassimilables?
Lors du premier lynchage de nègre ou lorsqu’on interdit à Rosa Parks de monter dans le bus?
On attend le premier pogrom ou on fustige et condamne les premiers propos antisémites?
Lorsqu’on va voir sa voisine à la morgue ou lorsqu’on entend son mari l’insulter?
Lorsqu’on lit à la porte de l’école que le petit … ne viendra pas parce qu’il est à l’hôpital ou lorsque la maîtresse découvre qu’il porte des traces de coups?

On attend combien de morts ou quel degré de violence pour dénoncer le racisme, l’ostracisme, l’exclusion, la stigmatisation?
Vous avez une échelle personnelle ?
Alors, vous me direz quand vous jugez utile de dénoncer le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, l’exclusion.
Je compte sur vous, n’est-ce pas, j’espère que vous aurez encore le droit de nous alerter, ce jour-là, sinon, il serait trop tard, et pour le coup , c’est votre attitude qui aurait montré toute sa stupidité.


On ne change rien, on fait comme si on avait pas vu, on détourne le regard, c’est pas si grave ce n’est qu’un tract, jamais ils ne passeront aux actes.
J’entends vos arguments si souvent, parfois dans telle ou telle salle d’attente, dans telle ou telle file de tel commerce, dans le bus, dans la rue, lors de soirées, ils en deviennent banals, on finirait pas ne plus s’insurger !
…« Ce sont des paroles et puis il faut bien dire, que même si tout n’est pas vrai, ce n’est pas tout à fait faux »….
…« Moi, j’ai rien contre ces gens, mais quand même »…
…« Je suis pas d’accord avec tout, mais »…

Comment imaginer faire reculer cet ostracisme si on en banalise l’apparition ?
Votre cautèle cache de grands projets ?
Alors dépêchez-vous, ils seront bientôt là, la bêtise ne s’arrête pas parce qu’on n’en parle pas.

La même: Heu je n’ai pas bien compris vos propos, je voulais simplement dire que poster ce tract sur facebook c’est aider les personnes qui ont écrit ces propos haineux sur les francs maçons à faire peur à une population que a peur de tout et surtout de l’inconnu comme pour les migrants! Les noirs les homo sexuels les handicapés and co !

Je pense que si chacun de nous faisait son devoir, si plutôt que de poster des photos de chats ou de chiens sur facebook, nous nous servions de ce support pour dire des choses importantes, pour dénoncer l’infamie, on aurait peut-être une chance de freiner la bêtise.

Soit on ferme sa gueu** et eux savent très bien se servir des réseaux sociaux, de l’anonymat relatif qui y règne et ont un courage indéniable à l’abri de leur clavier.
Et alors, un jour on se retrouve face à un Donald Trump de chez nous et on se demande où fut notre reniement, quand on a lâché l’affaire, qu’est-ce qu’on a pas dit, ou fait.
Et, on apprend ensuite que ce qui a accéléré l’investiture puis l’élection de l’autre zigoto est dû en grande partie à l’usage calculé de facebook que ses conseillers ont fait alors là, on se dit que, peut-être, publier des photos de chats n’était pas si important que çà.

Soit on l’ouvre.
J’ai choisi délibérément de l’ouvrir.
Cela m’a déjà valu pas mal de désagréments.
Mais je ne me tairai pas.

Il faut dire, expliquer sans cesse, dénoncer sans relâche, ne rien laisser passer.

Comme ce « débat » fut public, je m’attends, comme d’habitude à être harcelé de mail injurieux, inondé de documents délétères, mais çà, je commence à y être habitué.

Je ne vais quand même pas porter attention à ces détails.

MERCI MONSIEUR TENNENHAUS

Suite à un financement participatif (aider une librairie – « la vie devant soi » à Nantes – c’est un peu comme sauver une baleine, non?) j’ai reçu en remerciement un livre participatif, lui aussi. Ce livre écrit par une cinquantaine d’auteurs autour du thème « la place du livre et de l’écrit dans votre vie, votre rapport à la librairie : qu’est-ce que cela provoque en vous quand vous entrez dans une librairie? Quelles sensations ? Quels souvenirs s’y rattachent ?… ».

Un vrai plaisir que de lire ces témoignages, certains vous ressemblent, d’autres, et c’est là le rôle des livres, vous ouvrent tout simplement des portes…

Arno Bertina ouvre le bal racontant son expérience de libraire de nuit alors qu’il était étudiant…

« La librairie ferme à minuit. En rentrant chez moi, j’ai la chance d’apercevoir en terrasse du chai de l’abbaye Claude Tennenhaus, mon prof de français en quatrième (au collège Pasteur, à Brunoy, dans l’Essonne). La « chance ?! ». Je dois m’expliquer : en une année, à marche forcée, il nous fait lire plus de vingt livres? Et pas n’importe lesquels : les neuf nouvelles de Salinger, l’Adieu aux armes, Silbermann, les braves gens ne courent pas les rues, Bizarre, Petit déjeuner chez Tiffany… D’autorité je m’assois et vais lui expliquer pendant vingt minutes à quel point il aura été décisif, comme cela me passionne, désormais, alors que j’étais insipide, transparent, cinq ou six ans plus tôt. Je repars, infiniment heureux d’avoir pu lui dire tout çà. Si je n’avais pu le faire, je le porterai aujourd’hui encore à la façon d’un poids, d’une dette.

J’ai de nouveau perdu sa trace et, lorsque mon premier roman a paru, je n’ai pas pu le lui offrir.

Les hommes et les femmes qui mettent les nouvelles de Salinger entre les mains de garçons et de filles de treize ans devraient recevoir les palmes académiques, l’ordre du Mérite et du Grand-Cordon du Saint-Agneau, ou, à défaut, de la Croix de la splendeur boréale et du Sacré Nom.

« Un jour rêvé pour le poisson-banane », que voulez-vous comprendre à cette nouvelle, à treize ans ? A peu près rien. Mais voilà, un jour, un adulte décide que c’est pour vous, que vous devez le lire quand bien même vous n’y comprendrez rien. Pour ce seul jour, je bénis l’école publique, gratuite et obligatoire. »

Et moi aussi.

Demain, nous lirons ces lignes avec nostalgie, nous, qui auront croisé un Claude Tennehaus, émus et nostalgique, quand l’éducation ne sera plus nationale mais confiée au privé.

C’est bien ce qu’ils nous préparent si on les laisse faire, c’est même inéluctable, inéluctable et dramatique.

DROITS DE L’HOMME ET DROITS DE STATIONNEMENT

Je ne voudrais pas paraître mesquin, mais il y a quand même des moments où je trouve que la « justice » est une notion bien éloignée de celle communément admise.

Pendant quelques mois, mon fils est venu en aide, bénévolement bien sûr, aux réfugiés fuyant les guerres, les malheureux que nous entassions dans le pire bidon-ville de l’Europe du Nord. Il avait pour ce faire, et surtout pour pouvoir rentrer dans ce camp, un laisser-passer délivré par une ONG. Laisser-passer, à la fois prouvant qu’il faisait partie de cette ONG et l’autorisant à rentrer sur le camp avec sa voiture.

D’ailleurs, les forces de police, en nombre sur le site, le laissaient passer après vérification. Je suppose que ces forces de police se doutaient qu’il ne faisait pas du tourisme, savaient qu’il n’allait pas seulement faire un petit tour sans s’arrêter, sans stationner…

En juin 2016, à la suite de ce que je ne pouvais supposer qu’être une erreur, il a reçu, ou plutôt, j’ai reçu, puisque je suis le propriétaire du véhicule, quatre P.V. pour « stationnement gênant ».

Quatre P.V. infligés en quatre jours ! Comme ils étaient dématérialisés, nous ne l’avons su qu’au reçu des P.V. Il me semble que la moindre des choses eut été de le lui dire…

Je pensais, quant à moi, que c’est plutôt le fait qu’un camp de réfugiés soit nécessaire, qui était gênant, qu’il soit fait de façon aussi inhumaine qui était gênant, qu’il fonctionne au mépris de toute règle d’hygiène et de sécurité qui était gênant, qu’on traîne notre Histoire, la lutte de nos pères pour la liberté, la dignité, dans la boue avec ces pauvres hères qui était gênant.

Mais non, le droit de mon pays ne le voit pas ainsi, pour lui, c’est le stationnement qui est gênant.

Après avoir payé les deux premiers P.V. (il faut que chacun participe à l’effort national, tant de forces de l’ordre sur le terrain, çà a un coût non négligeable) j’ai exercé un recours pour les deux suivants, photos à l’appui, prouvant que mon auto ne gênait en rien, puisque stationnée hors de la route, sur le bas-côté, et alors qu’aucun panneau ou bande blanche au sol ne l’interdisait.

On a rejeté ma demande sans véritable explication, manifestement on pouvait circuler sur le camp, y grelotter, y perdre toute humanité, y subir les brimades et les intempéries, la promiscuité et le manque d’hygiène, mais en aucun cas y stationner.

Aujourd’hui, je reçois la conséquence de mon recours: les mêmes sommes à payer augmentées des frais de procédure s’élevant à 31 €.

Quand je pense que dans ma rue, en permanence sont stationnés sur le trottoir et donc, selon ma propre conception du code de la route, tout à fait hors la loi, une quantité non-négligeable de voitures, obligeant mamans et poussettes à emprunter la chaussée.

Sans qu’aucun P.V. n’y soit dressé.

Quand je pense à la rue, voisine de la mienne, la rue du château d’eau, où les habitants se sont arrogés le droite de stationnement bi-latéral au mépris de tout arrêté municipal (je les comprends, d’ailleurs, on ne pourrait jamais y stationner).

Sans qu’aucun P.V. n’y soit jamais dressé.

Eh bien, vous savez quoi, je suis content que sur cette « Jungle », cette zone de non-droit absolu (en particulier « des droits humains ») que sur cette honte à notre démocratie, je suis content et rassuré, qu’au moins le stationnement y fut règlementé.

Et que, si je suis fier de mon fils et des milliers de personnes qui ont donné, qui donnent encore, de leur temps, de leur énergie, de leur bonne volonté, de leur amour, pour aider les délaissés de nos démocraties, les réfugiés que nos intérêts sécrètent, je suis nettement moins fier des méthodes légales avec lesquelles ces bénévoles sont traités.

Cette fierté m’aura coûté 181 € de P.V. et autre frais de procédure ainsi que mes quelques illusions.

C’est dérisoire et pathétique.

« Ce soir, c’est Macaron ! »

Très pâtisserie la campagne à droite entre les petits pains soldés de l’autre andouille et les macarons…

Carnets de route

JAK161018 Meeting Macron

Envoyé spécial dans le carré presse d’un meeting politique, An Premier de l’Etat d’urgence.

Voilà un bail que mon cousin – appelons-le Camille – m’invite à lui rendre visite à l’improviste. A une heure de chez lui, je le préviens par SMS de mon arrivée avec des victuailles. En retour, une réponse sibylline : « Pas avant minuit, ce soir c’est Macaron ! » Ledit Macaron est en réalité un ex-banquier passé au travers d’un correcteur orthographique. Il donne un meeting, où Camille et une amie doivent se rendre en reportage. On se débrouille pour que je puisse me joindre à eux.

* * *

« Plus c’est gros, plus ça passe ! », me dit-on en me confiant un énorme téléobjectif. Nous traversons l’immense parking en direction du Zénith. Refroidis par le nombre de cadavres endimanchés patientant à l’entrée, nous abordons un vingtenaire à la dentition parfaite. Vêtu d’un t-shirt blanc « En marche », il est…

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CalaisResearch: 40 companies profiting from the eviction and border violence

Calais Migrant Solidarity

combined-systemsThe eviction of the Calais jungle is about to begin, but who does this act of brutality serve? On the one hand, cynical politicians looking to the French presidential election next year, desperately trying to cling onto power with a show of toughness. But also, it will boost the profits of a host of private companies who supply the rubber bullets and barbed wire, bulldozers and deportation buses.

Calais Research Network, a research group formed this August, has compiled an expanded list of over 40 companies profiting from the border regime. These companies have an interest in building up ‘security’ in Calais and beyond, part of a flourishing industry surrounding everything from the privatization of lorry inspections to the manufacturing of tear gas canisters and the constantly proliferating fences and walls along the highway.

The full list with detailed information on each company can be viewed on the new

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