Je viens d’acheter l’excellent « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » dans sa dernière mouture de 2017, publication de « ATD Quart Monde ».

Petit fascicule indispensable pour tordre le cou aux préjugés, à priori et autres idées qu’on nous ressasse à longueur d’articles ou de discours d’hommes politiques qui ont une vision de notre société déformée par le prisme d’un néo-libéralisme forcené ayant force de religion. « Ni droite, ni gauche », « gouverner autrement », culte de la réussite économique, le « chacun a sa chance », toutes choses, toutes idées totalement ineptes mais qui, martelées du matin au soir, finissent pas être, pour ceux qui les entendent (comme pour ceux qui les disent !), des vérités indiscutables.

Ces idées ont tant contaminé les esprits que l’idée même de révolte a disparu (ou presque), nous en sommes à la croyance que le « consensus » serait la panacée ! Et dans leur bouche, qui dit consensus dit « TINA » ou « TINOW » (les fameux « There is no alternative » ou « There is no other way » chers à Margaret Thatcher et repris à l’envi par tout ce que le monde politique et économique compte d’ânes et d’imbéciles, qui semblent y découvrir une évidence première);

Extraits de « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » :

« Les pauvres ne veulent/peuvent pas s’intégrer à la société. »

Faux : S’exclure de la société est rarement un choix délibéré.

S’il n’existe pas de « culture de la pauvreté » qui empêcherait les personnes en précarité de s’intégrer à la société.

En effet cette culture de la pauvreté n’existe pas. Les personnes en situation de pauvreté partagent-elles des croyances, des valeurs et des comportements essentiellement négatifs (la résignation, la vie au jour le jour, une répugnance pour le travail et pour l’école, une « culture de l’assistance », une culture des droits et des devoirs, un abus de drogues et d’alcool etc.) qui les empêcheraient de s’intégrer dans la société et seraient en grande partie à l’origine de leur pauvreté ? L’anthropologue Oscar Lewis a popularisé en 1961 la notion d’une telle « culture de la pauvreté », dans son livre « Les enfants de Sanchez ».

Cette thèse a desservi les pauvres du monde entier pendant des décennies. Elle a été contredite par des études qui montrent que ce sont les facteurs structurels (économiques, sociaux, politiques, etc.) qui sont avant tout à l’origine de la pauvreté.

Le rapport « Grande pauvreté et précarité économique et sociale » explique que (en milieu de pauvreté) on prend ses distances par rapport à la culture environnante, perçue comme une agression, parce qu’elle révèle sans ménagements vos ignorances et incapacités. On en vit cependant des valeurs de base. C’est le manque de moyens de les appliquer concrètement qui use l’adhésion et conduit à l’occasion à des comportements contraires. »

Ce sont plutôt les moyens qui leur manquent pour y prendre part comme elle le souhaiteraient. En effet, les personnes confrontées à la pauvreté rencontrent dans la vie plus d’obstacles que les autres.

Et dire que les personnes confrontées à la pauvreté rencontrent dans la vie plus d’obstacles que les autres, ce n’est pas les « victimiser », c’est décrire une réalité. Ces obstacles, véritables trappes à pauvreté, sont au moins de trois ordres : les conséquences du stress imposé par la précarité, les enjeux au niveau de l’école et les discriminations subies. Si nous ne luttons pas en même temps contre ces obstacles, tous les efforts que peuvent faire les personnes en précarité ne permettront pas seuls de changer leur situation.

Dans le domaine de l’éducation, on sait maintenant qu’aux Etats-Unis, au moins 60% de la variance des résultats scolaires sont liés à des facteurs extrascolaires. C’est bien le signe que les conditions de vie ont un poids déterminant sur la réussite scolaire. En France, entre 8% et 10% du retard scolaire seraient liés au mal-logement. Cela ne signifie pas, bien sûr, que l’on ne doive pas investir les meilleurs moyens éducatifs dans les quartiers défavorisés (alors que l’on constate le contraire, aux Etats-Unis comme ailleurs ; aux Etats-Unis, les subventions aux écoles sont fonction du niveau d’imposition dans le quartier – ce qui est un facteur aggravant d’inégalité – et le coût de l’université est très élevé), mais cela ne suffit pas. Pour faire reculer l’échec scolaire, il est plus efficace de lutter contre la pauvreté que de lutter seulement contre l’échec scolaire.

On le voit bien, le discours du mérite – « pour réussir, il faut faire des efforts », « tout le monde peut y arriver », etc. – est en bonne partie trompeur. Au lieu d’égalité des chances, on ferait mieux de parler d’inégalité des chances.

Et les inégalités ne sont pas un mal nécessaire au fonctionnement de l’économie, contrairement à ce que l’on a pensé entre les années 1970 et 2000 ! Ce qui était la thèse soutenue par Kuznets et en 1975 par Arthur Okun, pour qui ces inégalités étaient censées motiver les acteurs économiques et récompenser leurs talents. En effet, des années 1950 aux années 1970, les Etats-Unis ont connu une forte croissance tout en réduisant les écarts de revenus.

Suite aux travaux de Joseph Stiglitz, Robert Reich, James K. Galbraith, Anthony B. Atkinson et d’autres, on sait aujourd’hui que les inégalités – qui ont pris une toute autre ampleur dans les années 1970 – nuisent à l’économie. Le FMI dans ses différents rapports le concède d’ailleurs lui aussi (sans pour autant que cela influe sur sa manière d’agir en Grèce ou ailleurs).

Mais lorsque ces obstacles sont levés, elles peuvent retrouver leur place au même titre que tout le monde.

 

Et tout le fascicule est ainsi, de quoi nourrir la réflexion, 5€ directement chez ATD Quart Monde ou chez votre libraire préféré…

 

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Question d’humanité.

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Un migrant au sol face à des policiers le 1er juin 2017 à Calais. Photo PHILIPPE HUGUEN. AFP

Décision du Conseil d’Etat

Suite à la décision du Conseil d’Etat de confirmer la décision du juge des référés, ainsi énoncée :

« Par une ordonnance du 26 juin 2017, le juge des référés a partiellement fait droit à cette demande :
–    il a enjoint au préfet du Pas-de-Calais de mettre en place un dispositif adapté de maraude quotidienne à Calais à destination des mineurs non accompagnés ;
–    il a enjoint au préfet du Pas-de-Calais et à la commune de Calais de créer plusieurs points d’eau situés à l’extérieur du centre de Calais dans des lieux facilement accessibles aux migrants et leur permettant de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, ainsi que des latrines et d’organiser un dispositif d’accès à des douches ;
–    il a enjoint au préfet du Pas-de-Calais d’organiser des départs, depuis la commune de Calais, vers les centres d’accueil et d’orientation ouverts sur le territoire français dans lesquels des places sont disponibles.

Il a en revanche rejeté les demandes tendant à la création d’un centre d’accueil des migrants ou d’un centre de distribution alimentaire sur le territoire de la commune de Calais. »

Madame la Maire de Calais, Natacha Bouchart publie le communiqué suivant:

Le Conseil d’Etat a rendu ce matin sa décision rejetant l’appel de la Ville et de l’Etat. Après les conclusions négatives formulées par le rapporteur public lors de l’audience, cette annonce n’est pas une surprise. Elle est décevante, car elle ne prend pas en compte les arguments développés par la Ville de Calais, appuyés sur une longue expérience de la problématique migratoire.

Depuis 2008, tout a été essayé pour tenter d’apporter une solution humanitaire aux migrants présents dans le Calaisis. A chaque fois, la mise en place de points de fixation a eu pour conséquence un afflux croissant de migrants vers Calais.

S’il ne saurait être question de mésestimer la situation d’extrême précarité des migrants, je ne puis accepter de mettre en place des installations qui réuniraient à nouveau les conditions de création de campements, de bidonvilles, et de points de fixation.

En réalité, il m’apparaît que la solution consistant à venir en aide aux migrants suppose avant tout leur départ vers des centres adaptés, et c’est à l’Etat d’avoir une réponse claire à ce sujet. 

Mon devoir de Maire est de protéger la population calaisienne.

La décision de justice du Conseil d’Etat est une injustice pour les Calaisiens, car elle les met de nouveau sous la menace de la recréation d’une énième Jungle. Aussi, en l’absence de politique nationale et européenne offrant une solution globale de maîtrise de l’immigration, la Ville de Calais ne donnera pas suite aux injonctions qui lui ont été faites.

Le Président de la République a déclaré qu’il ne souhaitait plus voir un seul migrant sans un toit. Dès lors, si la volonté présidentielle est suivie d’effets, tout dispositif humanitaire à Calais serait sans objet. L’Etat doit donc assumer cette responsabilité régalienne d’acheminer les migrants vers les CAO éloignés du Calaisis afin d’examiner leur situation. »

Comment être plus cynique, appeler à voir dans la victime la cause même de son malheur est indigne d’un être humain, encore plus s’il aspire à être le représentant d’autres citoyens et la force morale qui les guide dans des périodes difficiles. 

C’est une attitude déjà vue en d’autres temps et on sait très bien ce qui peut en ressortir : haine, violence, meurtres.

Le rouleau compresseur de la comm’ qui ne cesse, depuis l’élection de cette personne, d’expliquer aux calaisiens que la cause de leur situation est le migrant, fait son ouvrage, quelques esprits faibles croient sincèrement que ces pauvres réfugiés sont coupables de leur chômage, de leur paupérisation, de leur enfermement.

« Depuis 2008, tout a été essayé pour tenter d’apporter une solution humanitaire aux migrants présents dans le Calaisis. A chaque fois, la mise en place de points de fixation «

Mais qu’avez-vous donc essayé depuis 2008 ?

Laissé s’installer quelques points d’eau, quelques douches, toléré des distribution d’eau, de nourriture, de couvertures, de chaussures? Je dis toléré car jamais, quoique vous en disiez, vous n’avez vous-même ou par le biais de votre autorité, FAIT ces choses.

Vous leur avez attribué un coin de sable insalubre et indigne?

« Le Conseil d’Etat a rendu ce matin sa décision rejetant l’appel de la Ville et de l’Etat. (…) Elle est décevante. »

Comment un élu peut-il ainsi contester une décision de justice, émanant du plus haut niveau de la Justice de son pays? 

L’impudence de nos professionnels de la politique ne cesse de me sidérer, vous vous situez entre Marine Le Pen et François Fillon, qui eux aussi, estiment ne pas avoir de compte à rendre à la Justice.

Comment un élu peut-il trouver décevante une décision qui a pour but de faire cesser ce que le Conseil d’Etat qualifie de « conditions de vie des migrants (qui) révèlent une carence des autorités publiques, qui est de nature à exposer les personnes concernées à des traitements inhumains ou dégradants et qui porte donc une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale »

Vous me faites honte, Madame la Maire, honte que vous ayez l’outrecuidance de penser me représenter !

Comme disait John Lennon « how do you sleep at night »?

Je sais très bien que les migrations posent un problème à Calais, à la France, à l’Europe, au monde même. Mais ces migrations ont toujours eu lieu, existeront toujours, tant qu’il y  aura sur cette terre d’un côté, des guerres, des famines, des pauvretés, des désespoirs, de l’autre un monde meilleur où vivre ne signifie pas survivre, où l’on sait qu’un demain est possible.

Les migrants posent un problème, mais ne sont pas le problème

Le problème c’est l’aveuglement, l’égoïsme, la lâcheté, l’inhumanité ! 

En 1953/1954 vous auriez accusé les pauvres de mourir dans la rue, accusé la rigueur de l’hiver alors que l’Abbé Pierre condamnait l’indigence du système, l’égoïsme de ses concitoyens, la lâcheté de nos politiques.

Tel l’imbécile qui regarde le doigt alors qu’on lui montre la lune, vous accusez les plus misérables d’être la cause des problèmes de ceux qui sont dans l’indigence et laissés sur le bord de la route de l’économie.

Vous faites de tri des malheurs, vous triez les être humains, les bons et la mauvais pauvres.

J’ai signé il y a quelques semaines une lettre ouverte parue depuis dans quelques médias nationaux. 

J’ai signé comme quelques centaines de calaisiens.

Je ne comprends pas ceux de vos électeurs qui ne peuvent tolérer de voir le malheur près de chez eux, moi, je ne peux tolérer le malheur, qu’il soit près de moi ou au loin dans un pays que je ne connais pas, impliquant des femmes et des hommes que je n’ai jamais rencontré. 

On ne vit pas dans une tour d’ivoire, notre île, c’est cette terre, nous n’avons pas d’autre terre, alors, comment tolérer que certains soient massacrés, écrasés, ignorés et n’aient pour seul horizon que la mort qui vient.

Alors, comment refuser un peu d’eau à celui qui meurt.

Comment refuser la qualité d’humain à celui qui me ressemble et qui essaie de vivre sur cette terre, malgré la démence et les intérêts de quelques-uns.

Lettre ouverte, publiée dans Télérama ( mais aussi Libération, ainsi que d’autres médias nationaux)

Grenoble à 30 km/h: une métropole apaisée

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A l’arrivée dans Grenoble, alors qu’on s’attend à rencontrer les nuisances habituelles des grandes villes (circulation intense, bouchons, bruit, pollution, stress de la circulation obligeant à une vigilance permanente…), on est d’emblée étonné. Même si des « axes rouges » à forte circulation motorisée existent toujours (à 50 km/h maxi), l’atmosphère de la ville est différente, calme, la circulation y est apaisée et fluide, et la ville grouille de vie. Dans la partie centrale, ce sont principalement des cyclistes et des piétons que l’on voit, comme à Nantes, ou depuis peu, à Lille.

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Une métropole apaisée

C’est le concept mis en place depuis 2014 par la nouvelle municipalité écologiste d’Eric Piolle. La mesure phare, intervenue en début 2016, a été le passage de toute la ville et de 13 autres communes de l’agglomération à une vitesse maximale autorisée de 30 km/heure. L’adhésion par l’exemple a bien fonctionné, puisqu’elle a été adoptée depuis…

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“La Femme et le Vote”, par Anna Mahé (1903)

Extrait de l’excellent blogue de Claude Guillon (historien)…
Un éclairage, juste après les élections présidentielles et avant les élections législatives.
Faut-il vraiment choisir ses maîtres ?

LA RÉVOLUTION ET NOUS

Mahé, Anna, Rose, Marie (1882-1960), institutrice, partisane d’une réforme de l’orthographe, compagne du célèbre militant individualiste Albert Libertad, pratiquante revendiquée de l’amour libre, elle assumera l’administration du journal L’anarchie(volontairement privée de capitale) aidée par sa sœur Armandine, pendant la détention de Libertad et au-delà. Auteure de très nombreux articles sur des sujets divers.

Le texte ci-dessous reproduit a été publié dans L’anarchie du jeudi 3 mai 1906. Pour se faire une idée de l’ambiance des jours qui suivent le 1er mai de cette année-là, on se reportera avec profit au récent livre d’Aurélie Carrier: Le Grand Soir(Libertalia).

Anna Mahé reprend l’argumentaire classique des anarchistes contre le vote comme soumission à l’autorité par délégation de souveraineté : « Nous ne voulons pas plus des maîtres que nous ne choisirions que de ceux que l’on nous imposerait ».

Son article radiographie la divergence fondamentale d’analyse et de stratégie…

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Réponse à un acteur…

Lettre ouverte de Philippe Torreton à Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon

Cher Philippe Torreton,

J’aime beaucoup ce que tu fais.
J’aime bien démarrer cette lettre par cette petite phrase digne d’un fan, d’un groupie, tu aimes les caricatures, te voilà servi.

Tu aimes à confondre ego et engagement politique, probablement la déformation professionnelle, sans égo il n’y aurait pas d’acteur, c’est un moteur que tu connais bien. Par contre, tu ne sembles avoir aucune idée de ce qu’est la fidélité vis-à-vis de soutiens de militants, d’amis qui œuvrent à réfléchir ensemble à un programme.
Au fond plus que la fidélité tu apprécies l’utilité.
Là où tu vois querelle personnelle, je vois engagement.
Là où tu ne discernes que le premier rôle, je vois la multitude des « silhouettes » et même des « figurants ».
Là où tu penses mathématiques, nous imaginons un monde meilleur.
En fait, paradoxalement, tu sacrifies au culte de la personnalité là où nous voyons un représentant du mouvement.
Ce qui nous différencie, c’est que toi tu avais annoncé la défaite au cas où tes deux candidats préférés ne s’allieraient pas, nous, nous espérions faire triompher nos idées.

Tu sacrifies, toi aussi, au sacro-saint « plébiscite républicain », dans le fond, tu en étais déjà à bâtir des projets d’alliance pour un second tour, non?
Ne comprends-tu pas que c’est cela que nous rejetions ?
Les insoumis ont travaillé bien en amont de cette foire du trône, des millions de gens les ont rejoints.
Je fais partie de cette multitude qui a rejoint le mouvement en chemin.
Un parti de notables vieillot, de notaires endimanchés, amidonnés, ambitieux et calculateurs a fait un calcul à trois bandes, avec la complicité d’un Benoit Hamon bien naïf, dont c’était le moment de célébrité. Habitué aux synthèses, aux alliances, ce parti, dont tu reproduis fidèlement les schémas, est rompu à étouffer les voix discordantes, à les noyer dans le consensus.
Ils ont « placé » Hamon en gagnant de leur « primaire » pour mieux tenter d’isoler Mélenchon, pour lancer Macron, et toi, sans questionnement, demain tu vas faire là où on te dis de faire, tu vas voter pour lui.
C’est bien, c’est ce qui était attendu, tu vois que parfois ton attitude est gagnante !

Pourquoi diable penses-tu que Benoît Hamon a été déclaré vainqueur ?
Tu ne t’es pas posé la question ?
Cela ne t’a donc pas surpris qu’un parti qui a porté Hollande à la Présidence, qui est dirigé par Cambadélis, qui a suivi comme un seul homme, et sans trop de résistance, la politique menée par Valls, El Khomri et…Macron, ait soudain des idées de gauche ?
Cela ne t’a pas ouvert les yeux de voir dès le lendemain, tous ces caciques rejoindre, sans états d’âme, le camp du banquier ?
Allons, ne sois pas obnubilé par tes rêveries, oui, il y avait une victoire possible, il ne servait à rien de dépenser toute son énergie à jouer le jeu des alliances, il fallait convaincre et ton attitude, loin de favoriser un rapprochement, n’a fait que conforter l’idée que les médias insufflaient, de la mise en avant des egos, repoussant les quelques voix qui ont manqué, celles des citoyens lassés de la classe politique et des petits calculs de boutiquier.
Tu imaginais que la France Insoumise puisse être soluble dans le jeu des partis.
Alors, comme tu n’as rien compris, tu en veux aux évènements d’être ce qu’ils sont.
Tu voulais l’avenir en jouant le passé, comme disait Einstein « On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré ».
Foin d’alliance, les idées étaient débattues, pas à vendre.
Mais bougre d’aveugle, ne comprends-tu pas ce qui se jouait ?

Alors aujourd’hui, tu joues les effarouchés, tu tiens le rôle qui t’a été distribué :

« oh que non, Le Pen et Macron, ce n’est pas pareil, volons au secours de notre démocratie »

Bien, tu n’avais que deux lignes de textes, mais c’était ton moment à toi.
Et si tu y tenais mal ton rôle, c’était de n’y comprendre rien.

Moi, je prétends que ce n’est pas en votant pour un banquier social-démocrate qu’on fait triompher ses idées, moi, je dis que j’en ai marre de leur soupe, je suis et reste insoumis.
Demain ta démocratie aura gagné de toute façon, en repoussant la droite extrême et en élisant un néo-libéral, tu n’auras pas d’état d’âme, duralex ced lex n’est-ce pas ?
Moi, hier j’ai perdu.
Et j’espère sincèrement, que Jean-Luc Mélenchon n’appellera pas à voter pour l’un ou l’autre des candidats demain, j’en suis d’ailleurs convaincu.
Cette « érection pestilentielle » est perdue, nos idées avancent, les gens réfléchissent, ce n’est qu’une étape, douloureuse, mais, on abandonne pas aussi facilement ses idéaux aux mains d’un banquier.

P.S. (si j’ose dire !) Au fait, je t’ai applaudi dans « Cyrano de Bergerac » il y a peu, tu y étais meilleur, dommage de n’avoir pas compris la tirade des « non merci », relis-la, imprègne-t’en.

2017, LE COUP D’ÉTAT

L’article est long, mais il se lit comme un polar et nous y apprenons tout d’une manipulation de masse, destinée à envoyer Macron, ce clone, à la Présidence. Je ne sais jusqu’à quel point accorder du crédit aux propos tenus ici, mais force est de constater que tout y est plausible sinon démontré.
Tout se tient en quelque sorte.
L’article est long, ne soyez pas rebutés par sa longueur, il sert la force d’une démonstration.
Certains penseront qu’il accrédite les thèses complotistes, c’est possible, en tout cas, loin d’être nébuleux, tout est crédible.
Le pire : pour pas mal d’affirmations, je pressentais les manœuvres (pourquoi Hamon a-t-il gagné les primaires du PS, pourquoi, avant même de se déclarer candidat, Macron était-il présent dans les sondages sur la présidentielle, etc…)
Toutes ces manœuvres pour faire élire un candidat choisi par la même oligarchie, par les mêmes élus de gauche et de droite, par les mêmes media et pour les mêmes objectifs. Exactement les mêmes. De VGE à Cohn Bendit en passant par Hollande et Bayrou, de TF1 à Libération, du Monde au journal Les Échos, les Pineau, Arnault, Bolloré, tous participent à la promotion d’un seul et même vœu… le « oui » pour Emmanuel Macron.
A lire absolument.
Jusqu’au bout.

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« Une étude un peu approfondie de l’Histoire nous laisse deviner qu’en toute occasion les vraies forces dirigeantes ont à se tenir dans l’ombre des représentants qu’elles se sont choisies, ne pouvant se risquer à s’exposer aux fluctuations événementielles, sous peine de se voir un jour dépossédées de leur puissance ».

                                                                                                                        Louis Calaferte.

AVERTISSEMENT :

Les informations qui ont été utilisées pour cette analyse ont été recoupées et vérifiées conformément aux principes de la charte journalistique de Munich. Elles ont pour origine des articles de presse, interviews télé, images et ouvrages dont les auteurs sont connus et reconnus pour la fiabilité de leurs recherches. Il serait trop long de les énumérer ici. Loin de tout name-droping, vous trouverez en fin de publication les références. Mais tout est vérifiable. Attention, cependant aux sites complotistes, confusionnistes où d’extrême droite. Assurez vous que les sites que vous consultez soient reconnus pour le…

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Sept ans…

13 mars 2010, comme c’est loin…
J’aurais pu partager tout un tas de chansons.

C’était le 13 mars 2010.

Jean Ferrat est mort il y a 7 ans, je n’ai pas lu beaucoup de commémorations, comme s’il était oublié, comme s’il était d’un autre temps.

Toute une culture ouvrière, une culture oubliée.
Ils ont fini par nous convaincre qu’il n’y a plus de classe ouvrière !

Restent comme des éclats de vie…

« Que serais-je sans toi, qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant…
Qu’une aiguille arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement »

Je ne suis pas fan, car il était un militant, un militant communiste qui ne voulait pas savoir que la dictature put aussi être menée par un communiste, ou alors si tardivement, quand il en tira « Le bilan ».
Mais je retiens le « Jeunes imbéciles » auquel je pensais hier soir !

« Ils ont troqué leur col Mao
Pour des tenues plus officielles
Depuis qu’ils fréquentent à gogo
Les cabinets ministériels
Ah quel plaisir en redingote
Sur le perron de l’Elysée
De se faire lécher les bottes
Par des journalistes avisés

C’est toujours avec les jeunes imbéciles
Qu’on le veuille ou non
C’est toujours avec les jeunes imbéciles
Qu’on fait les vieux cons »

Il est mort il y a 7 ans avant de voir revenir le temps des cerises, mais le verra-t-on jamais revenir ?

Il est mort il y a 7 ans, mais aurait-il imaginé le cirque auquel nous assistons, les singes savants et leur numéro bien léché, le consensus mou et les idéaux reniés, oubliés ou pire encore « dépassés ».

Il est mort, comme sont morts ses engagements, il est mort et par-delà cette mort, on le censure encore.

 

« On m’a dit tes idées ne sont plus à la mode
Quand on veut gouverner ce n’est pas si commode
Il faut évidemment s’adapter au terrain
Mettre jour après jour un peu d’eau dans son vin

Ils ont dit qu’il fallait se montrer réaliste
Qu’il y avait du bon dans les journaux racistes
Qu’il fallait nettoyer ce cher et vieux pays
Si l’on ne voulait pas qu’il devienne un gourbi

Dois-je vous l’avouer ces propos me renversent
Quand je vais boire un verre au café du commerce
Parfois je crois revoir sur du papier jauni
La photo de Pétain dans mon verre de Vichy

La porte du bonheur est une porte étroite
Qu’on ne me dise plus que c’est la porte à droite
Qu’il ne faut plus rêver et qu’il est opportun
D’oublier nos folies d’avant quatre-vingt-un »

 

Alors, il nous faut refermer la parenthèse du PS, ne pas céder à leur raison, refermer cette porte à droite et rouvrir en grand la fenêtre aux idéaux.

Ne pas rêver un autre monde, comme disait Téléphone, mais le construire !

Il y a encore des mondes à venir.